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L’appel des Jeux olympiques ramène Maghalie Rochette au vélo de montagne

mercredi, 6 avril 2022
Maghalie Rochette Cesar De Longhi

Maghalie Rochette est une des meilleures athlètes du circuit de la Coupe du monde de cyclocross. L’été dernier, en regardant les Jeux olympiques de Tokyo, elle a senti que son rêve d’enfance de participer aux Jeux était encore bien ancré en elle. C’est pour cette raison qu’elle fera un retour au vélo de montagne après une absence de quelques années, la fin de semaine prochaine, à la Coupe du monde de Petropolis, au Brésil.

« Quand j’ai arrêté de faire du vélo de montagne, j’avais envie de voir ce que je pouvais accomplir si me mettais tous mes efforts en cyclocross. Je sentais que c’était dans cette discipline-là où j’avais le plus de potentiel et je voulais vraiment mettre l’effort là-dessus », soutient l’athlète de Sainte-Adèle en entrevue avec Sportcom plus tôt cette semaine.

Ses preuves, elle les a faites en cyclocross, une discipline souvent dominée par les Néerlandaises et les Belges. Dans son palmarès étoffé, on retrouve une cinquième place aux mondiaux de 2017 et trois podiums en Coupe du monde, dont deux au cours de la dernière campagne.

Essayer pour ne pas regretter

Avant de se consacrer au cyclocross, Rochette a pris des dizaines de départs en Coupe du monde de vélo de montagne. Elle a aussi été médaillée d’argent aux Championnats canadiens sur route de l’an dernier.

Le vélo, donc, elle connaît.

« Je savais que j’allais revenir au vélo de montagne un moment donné, mais je ne savais pas quand. L’été dernier, j’ai regardé les Jeux olympiques. J’arrive à 28 ans et je me disais que ce serait vraiment cool d’essayer d’y aller pour vrai. Ça ne veut pas dire que je vais réussir, mais je ne voulais pas avoir le regret de ne même pas avoir essayé. À l’école primaire, mon rêve était toujours d’aller aux Olympiques ! »

Avec le report d’un an des Jeux de Tokyo, le cycle vers ceux de Paris n’est que de trois ans. Une fenêtre de temps parfaite pour elle, d’autant plus qu’elle coïncide avec les années où elle sera au meilleur de sa forme physique.

Maghalie Rochette partira en fond de grille dimanche en raison de son classement mondial, mais cela ne la stresse pas pour autant. Sur ce même parcours, la fin de semaine dernière, elle a pris le 12e rang à une course préparatoire où plusieurs grosses pointures étaient présentes.

« Déjà, pendant cette course, je n’étais pas la même coureuse du premier au cinquième tour. Quand j’étais plus jeune, j’avais de la difficulté à contrôler mes émotions. Si ça n’allait pas bien, je n’avais aucune idée de ce qui s’était passé après la course. Mais hier (dimanche), j’étais dans la course, je m’en rendais compte. De tour en tour, je m’améliorais et j’arrivais à plus relaxer dans les descentes. C’était cool de progresser pendant la course. J’ai trois ans pour me rendre au top niveau. »

Si elle se compare à l’athlète qu’elle était il y a cinq ou six ans en vélo de montagne, la principale intéressée constate qu’elle n’est plus la même, tant physiquement qu’au niveau des habiletés techniques.

« À force de courir tous les week-ends (en cyclocross) contre des filles comme Marianne Vos et d’autres du même calibre, c’est quand même le top niveau mondial féminin en cyclisme. Oui, ce sont des aptitudes et des façons de courir différentes, mais le niveau est sensiblement le même. Et de courir régulièrement contre ces filles-là, ça me donne confiance. Si je prends les bonnes décisions et si je progresse vite, je pense que je peux atteindre ce niveau-là (en vélo de montagne). »

Le bonheur de la page blanche

Maghalie Rochette souligne son bonheur d’être devant une page blanche dans son nouveau défi. Elle veut s’immerger dans l’apprentissage avant de viser des résultats. Contrairement au cyclocross où sa marge d’amélioration est plus réduite, elle compte faire un transfert d’apprentissages et s’ouvrir sur de nouvelles perspectives. Elle consulte d’ailleurs à l’occasion son beau-frère et athlète professionnel Antoine Duchesne, qui lui partage des informations à propos de ce qui se fait de mieux en cyclisme sur route.

« Je pense que d’avoir un esprit ouvert, ça peut vraiment aider. En général, le cyclisme est un sport qui est très traditionnel et les gens ont tendance à rester pognés dans leurs mentalités. Mais quand tu te permets d’ouvrir tes horizons, je pense que ça nous permet d’apprendre encore plus vite. […] Ça se peut que je me plante et on va l’essayer au meilleur de nos capacités. David (Gagnon, son conjoint et entraîneur) et moi sommes motivés à entrer là-dedans et je pense que nous sommes en bonne position. »

La cycliste reviendra tout de même aux Coupes du monde de cyclocross l’automne prochain. Son amour pour cette discipline est trop fort pour qu’elle arrête.

(Rédaction : Sportcom)

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